• 50 millions de poussins mâles

    20 millions de canetons femelles

    broyés et asphyxiés chaque année en France

    Le sexage : l’un des points culminants de la violence dans l’industrie aviaire

    Concernant l’élimination des poussins mâles, il convient tout d’abord de faire la distinction entre les élevages de poulets de chair, et les élevages des poules pondeuses. Une poule pondeuse et un poulet de chair sont issus de différentes sélections génétiques qui leur donnent à chacun des caractéristiques distinctes, adaptées aux usages de l’industrie.

  • Si l’élevage de poulets de chair comporte lui aussi des pratiques portant atteinte au bien-être animal, l’élimination automatique des poussins mâles est une pratique propre aux élevages de poules pondeuses.

    L’industrie de l’œuf utilise uniquement les poules femelles, et ne peut assumer les dépenses liées aux mâles qui naissent dans leurs couvoirs.

    Ces poussins, issus de mères génétiquement programmées pour la ponte, ne possèdent pas les caractéristiques nécessaires pour être rentables dans l’industrie des poulets de chair : une croissance rapide (35-40 jours avant d’être tués et consommés), une physionomie “optimisée” pour la commercialisation de leur chair. Ils coûteraient donc plus cher à nourrir pour un rendement diminué. Considérés comme non rentables, ces derniers ne peuvent donc pas être vendus ni utilisés dans ces élevages.

    L’industrie aviaire a donc développé le sexage pour éliminer ces poussins « indésirables » avant qu'ils ne grandissent. Lorsque l’œuf éclot dans le couvoir, chaque poussin doit être prélevé pour être sexé. Cette méthode est utilisée dans tous les systèmes d’élevage industriel. Le sexage y est réalisé jusqu’à 72 heures après la naissance des poussins. Il s’agit d’en identifier le sexe pour mettre de côté les futures poules pondeuses et éliminer les poussins mâles.

    Le sexage est une méthode de tri pratiquée à la chaîne qui peut s’avérer invasive pour l’animal. Dans certains cas, il s’agit d'introduire un appareil à vision optique dans son intestin afin d’en observer les glandes génitalesSi le poussin est une femelle, il sera conservé pour la ponte. S’il s’agit d’un mâle, il sera donc détruit.

    De la même manière, dans le processus de fabrication du foie gras, les canetons femelles dont le foie est plus petit et innervé seront éliminés.

    Poussins mâles abattus après le sexage (enquête L214)
    Le broyage des canetons femelles dans l’industrie du foie gras (images L214)
  • Que dit la loi ?

    Pour éliminer les poussins mâles et les canetons mulardes femelles, plusieurs méthodes sont autorisées par la réglementation européenne en vigueur :

    La réglementation européenne établissant la possibilité de l’élimination jusqu’à 72 heures, il s’agit donc d’une pratique douloureuse et de surcroît inutile. En effet, une fois éliminés, les poussins mâles sont jetés à la poubelle et traités en déchets de l’agroalimentaire.


    Ce sont ainsi 50 millions de poussins mâles éliminés dans la douleur, chaque année en France.

    La législation européenne mentionne dans ses textes la nécessité d’assurer une mort immédiate à l'animal. Le dispositif mécanique doit respecter certains critères de vitesse de rotation, espace entre les lames, capacités de l’appareil à recevoir un nombre important de poussins à broyer.

    Malgré cela, il aura été constaté des problèmes de réglage de l’appareil, qui blesseront mais ne tueront pas le poussin.

    Il a également été mentionné des pratiques non réglementaires, comme l’asphyxie dans des sacs poubelles, des poussins « oubliés » sur le sol de l’usine, ou jetés vivants dans la poubelle et laissés à l’agonie.

    Si elles paraissent rentables à grande échelle, force est de constater que les méthodes de sexage et d’élimination des poussins ne sont pas parfaites, et génèrent inutilement la souffrance de milliers d’individus par jour.

    Et sur le plan humain ?

    Ce travail est également problématique pour les employé.e.s : il s’agit d’un travail à la chaîne. On doit accepter des journées de travail de 12 heures, et de palper environ 1000 poussins par heure (soit un poussin toutes les 3 à 5 secondes).

    Les ouvrier.e.s sont en contact permanent avec les excréments et les cadavres de poussins. Les conditions de travail qu’impliquent ce tri peuvent être éprouvantes physiquement et psychologiquement : dans certains cas, des matinées de 5 ou 6 heures sans pause, des après-midis tout aussi intenses.

    La souffrance des animaux y est banalisée, ce qui peut avoir des conséquences sur la santé mentale des ouvrier.e.s.

  • Le sexage : quelles méthodes pour mettre fin à la douleur ?

    Les techniques alternatives existant aujourd’hui sont des techniques de sexage in ovo : cela signifie que l’on va déterminer le sexe du poussin dans l’œuf, quand il n’est encore qu’un embryon. Ces techniques présentent l’avantage de ne pas avoir à tuer le poussin lorsqu’il naît, lui évitant ainsi une mort douloureuse et parfois très lente.

     

    Attention cependant : les embryons, tout comme les poussins, ressentent la douleur. Des études ont montré que jusqu’à 7 jours après l’incubation, l’embryon ne ressent rien. A partir du 8ème jour et jusqu’au 14ème jour, les recherches convergent vers le même point : il existe une zone d’incertitudes - zone grise - qui ne permet pas de conclure de manière tranchée sur le ressenti de l’embryon face à des stimuli extérieurs pouvant engendrer de la souffrance. L’American Veterinary Association suppose une prise de conscience de l’embryon à 10,5 jours d’incubation. Certains scientifiques mettent en avant qu’à 13 jours après la ponte, le cerveau de l’embryon est complètement formé. Il existe également une différence entre la réaction à des stimuli extérieurs (réactions réflexes) et le ressenti de la douleur, qui pourrait donc n’intervenir que plus tardivement dans le développement de l’embryon.
    Actuellement, deux technologies sont bien implantées en Europe : une technique permettant de sexer à J+9 (9 jours après la ponte), et une autre à J+13. Au vu des incertitudes actuelles, il est préférable de mettre en place des techniques qui arrivent le plus tôt possible dans le développement de l’embryon, et qui se rapprochent au maximum du seuil des 7 jours.

    Les techniques utilisées en France en 2021 :

    • Respeggt (technologie allemande Seleggt) :

    Sexage à J+9 après la fécondation.

    Technique de détection par le perçage d’un minuscule trou dans la coquille par un laser (l’intérieur de l'œuf reste indemne, et la membrane se reconstitue elle-même).
    Technique dite “invasive”.

    • Agri Advanced Technologies :

    Sexage à J+13 après fécondation.
    Détection du sexe du poussin grâce à la couleur des plumes. Les œufs sont illuminés par le dessous et une image spectrale est prise du dessus. En fonction des différences dans le spectre de lumière mesuré, un algorithme classe les genres.
    Ne fonctionne que sur les poules brunes (85% du cheptel français).


    D’autres techniques de sexage in ovo sont actuellement développées au stade prototypal plus ou moins avancé.

    Les autres alternatives :

    D’autres alternatives sont évoquées, comme le développement d’une souche génétique de poulets “à double usage”, destinée à la chair et à la ponte, ou le fait d’élever ces poussins mâles, que l’industrie aviaire surnomme “les frères” des poules pondeuses.

    Vegan Impact refuse de prendre parti pour ces dernières. En effet, notre démarche est de mettre fin aux souffrances perpétrées par les industries profitant de l’exploitation animale. Élever “les frères” de l’industrie des poules pondeuses, c’est les condamner à vivre quelques semaines dans des élevages bien trop souvent inadaptés à leurs besoins essentiels, avant d’être tués pour leur chair. Des souffrances qui pourraient leur être épargnées, si l’on choisit de ne pas les faire naître au sein de ce système qui met les animaux au monde pour les abattre.

    En raison des faits mentionnés, notre association s’oppose à l'application de ces méthodes.

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    Le sexage des canetons femelles

    L’industrie des poules pondeuses n’est pas la seule à utiliser le sexage. En effet, dans l’industrie du foie gras, seuls les mâles sont gavés : le foie de la femelle étant plus petit et innervé, il est alors non présentable.

    Les femelles suivent la même voie que les poussins mâles : elles sont broyées ou gazées.

    Ce sont environ, chaque année, 16 millions de canetons femelles qui sont tués dès le premier jour de leur vie.

    Les canetons naissent dans un couvoir où ils ont été préalablement incubés. Une fois éclos, les canetons sont sexés pour déterminer s'ils sont mâles ou femelles.

    Deux techniques existent actuellement pour sexer l'oiseau : par autosexage (souche dont les mâles ont une tâche noire sur la tête) ou par retournement du cloaque (organe génital).

    Pour éviter une mort atroce aux femelles de cette industrie, des entreprises proposent des technologies permettant de sexer dans l'œuf les canetons, en analysant la couleur des yeux de l'embryon. Claire pour les femelles, foncée pour les mâles selon la technologie Lunix ; rouge pour la technologie SOC d'Orvia.

  • Le positionnement de Vegan Impact :

    Les promesses du gouvernement sont actuellement uniquement dirigées sur le broyage des poussins mais ces derniers ne sont pas seulement broyés, ils peuvent également être asphyxiés !

    Nous demandons donc une loi interdisant l’abattage des poussins mâles, quelle que soit la méthode d’élimination.

    Les méthodes alternatives envisagées aujourd’hui, telles que le sexage in ovo ne prennent pas toutes en compte le seuil de douleur ressenti par le poussin. Nous exigeons la mise en place d’un sexage in ovo de la manière la plus précoce !

    L’interdiction d’exporter les poussins dans un pays où la réglementation autorise l’abattage de ces mêmes poussins hors sexage in ovo.

    L’interdiction d’exporter les œufs pour éclosion dans un pays où la réglementation autorise l’abattage de ces mêmes poussins hors sexage in ovo.

    Les déclarations occultent les femelles canards, elles aussi broyées dans l’industrie du foie gras. Pourtant, des méthodes de sexage françaises existent : nous exigeons que le Gouvernement se positionne également sur l’abattage des femelles dans l’industrie du foie gras.